En bref : le Parcours de la Chouette relie 22 étapes balisées par 16 000 plaques de bronze depuis 2001, sur environ 3 km et une heure de marche ; trois boucles secondaires portent la découverte à 3-4 heures.
Photo : Megaspoot, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
La chouette de pierre sculptée sur un contrefort de l’église Notre-Dame, au XVe siècle, est devenue malgré elle le guide touristique le plus suivi de Dijon. Depuis 2001, l’office de tourisme a balisé le centre historique avec 16 000 plaques de bronze en forme de flèche, chacune frappée de son effigie, pour tracer un circuit de 22 étapes à travers le secteur sauvegardé. La plupart des présentations s’arrêtent à ce chiffre sans jamais dire ce qu’il y a à voir à chaque arrêt. Voici le détail, étape par étape, avec la durée réelle à pied et à vélo, et le budget selon qu’on s’arrête partout ou qu’on suit seulement les flèches au sol.
Les 22 étapes du circuit historique, une par une
Le tracé couvre environ 3 kilomètres dans le secteur sauvegardé et boucle sur lui-même : on peut le rejoindre depuis n’importe quel point du centre-ville, dans un sens ou dans l’autre. L’ordre ci-dessous suit le sens le plus couramment documenté par les guides qui ont parcouru le circuit avec le livret en main, du jardin Darcy jusqu’à la cathédrale Saint-Bénigne.
- Jardin Darcy - le point de départ classique, un parc du XIXe siècle avec bassins et la statue de l’ours Pompon, aménagé autour du système hydraulique conçu par l’ingénieur Henry Darcy.
- Grand Hôtel de la Cloche - un palace aux fenêtres ornées de cloches sculptées, sauvé de la démolition dans les années 1970 et aujourd’hui classé.
- Porte Guillaume - un arc de triomphe du XVIIIe siècle qui a remplacé l’ancienne porte fortifiée médiévale, l’un des derniers vestiges des remparts de la ville.
- Poste place Grangier - un immeuble d’angle à la toiture Art nouveau, repère architectural avant d’entrer dans les rues commerçantes.
- Les Halles - le marché couvert à charpente métallique, qui a échappé de peu à la destruction dans les années 1970 : bonne étape pour une pause casse-croûte.
- Place François-Rude - la place la plus animée du centre, avec sa fontaine et sa statue du vendangeur (le Bareuzai).
- Rue des Forges - une rue bordée d’hôtels particuliers du Moyen Âge à la Renaissance, dont l’Hôtel Aubriot et la Maison Maillard.
- Église Notre-Dame - la façade gothique du XIIIe siècle, ses gargouilles et son jacquemart, la fameuse horloge à automates.
- La chouette - la sculpture elle-même, sur le contrefort nord de l’église, qu’on caresse de la main gauche en faisant un vœu.
- Maison Millière - une maison à pans de bois de 1483, l’une des plus anciennes façades commerçantes de Dijon, aujourd’hui salon de thé.
- Hôtel de Vogüé - un hôtel particulier du XVIIe siècle à la toiture vernissée typiquement bourguignonne, qui accueille aujourd’hui expositions et concerts.
- Place du Théâtre - le Grand Théâtre et le Musée Rude (entrée libre), consacré au sculpteur dijonnais François Rude.
- Place de la Sainte-Chapelle - l’entrée du Musée des Beaux-Arts, installé dans l’ancien palais des ducs, entrée gratuite.
- Square des Ducs - un petit jardin derrière le palais, avec vue sur la Tour Philippe le Bon, autre endroit pour souffler en famille.
- Palais des Ducs et des États de Bourgogne - le siège du pouvoir ducal du XIVe siècle, aujourd’hui mairie et musée, où reposent les tombeaux de deux des quatre ducs Valois de Bourgogne.
- Tour Philippe le Bon - 46 mètres et une longue volée de marches, seul arrêt payant du circuit, avec vue sur les toits de tuiles vernissées.
- Place de la Libération - la place semi-circulaire du XVIIe siècle dessinée par Mansart, avec ses terrasses et sa fontaine, l’une des plus belles places royales de France.
- Palais de Justice - l’ancien parlement de Bourgogne du XVIe siècle, dont l’intérieur se visite parfois via l’office de tourisme.
- Un hôtel particulier bourgeois - le circuit passe devant l’un des nombreux hôtels particuliers repérés par une plaque dans le centre historique, avec sa cour intérieure.
- Église Saint-Jean et place Bossuet - une ancienne église gothique des XIVe-XVe siècles, reconvertie en théâtre, sur une place ornée d’une statue de Bossuet.
- Église Saint-Philibert - une église romane des XIe-XIIe siècles, désaffectée depuis la Révolution et un temps utilisée comme entrepôt.
- Cathédrale Saint-Bénigne - la cathédrale gothique dédiée au martyr du Ier siècle, coiffée du plus haut clocher de la ville et d’une toiture en tuiles vernissées.
Suivre les flèches avec des enfants
Le format se prête particulièrement bien à une visite en famille, justement parce qu’il ne ressemble pas à une visite guidée classique. Chercher la prochaine flèche gravée dans le pavé devient un jeu de piste que les enfants suivent avec plus d’enthousiasme qu’une explication historique frontale. Rien n’empêche de s’arrêter sur un banc, de faire une pause au jardin Darcy (étape 1) ou au square des Ducs (étape 14), ou de couper court avant la fin de la boucle si l’attention retombe. Le secteur est entièrement piéton, sans circulation à surveiller.
Le seul repère à connaître avant de partir avec une poussette : le pavage. Il est globalement praticable, mais certaines portions, en particulier autour des ruelles médiévales et de la place François-Rude (étape 6), sont irrégulières. Une poussette avec de grandes roues passe sans problème ; une poussette canne cahote davantage sur les tronçons les plus anciens.
Durée et budget réels
À pied et à vélo
À pied, comptez environ une heure pour les 22 étapes du tracé principal, à un rythme de balade, sans entrer dans les musées. Avec une visite complète du Musée des Beaux-Arts et une montée à la Tour Philippe le Bon, la même boucle prend plutôt 2h30 à 3h.
À vélo, les 3 kilomètres du circuit se pédalent en 15 à 20 minutes montre en main. Mais ce chiffre est trompeur : le secteur sauvegardé est en grande partie piéton, avec des rues étroites et pavées peu adaptées à un vélo qui s’arrête tous les cent mètres pour lire une plaque. Le vélo a surtout un intérêt pour repérer le tracé une première fois avant d’y revenir à pied, ou pour relier le centre historique aux extensions plus lointaines comme le Puits de Moïse.
Sur le circuit gratuit
En restant sur les 22 étapes balisées sans entrer nulle part, la visite ne coûte rien. La plupart des musées croisés en chemin - Musée des Beaux-Arts (étape 13), Musée Rude (étape 12) - sont en entrée libre, comme la majorité des musées municipaux de Dijon.
Avec tous les arrêts payants
Le seul arrêt vraiment payant du tracé principal est la Tour Philippe le Bon (étape 16), dont la montée se réserve auprès de l’office de tourisme (tarifs sur destinationdijon.com). Ajoutez le livret guide papier ou l’application mobile, quelques euros de plus, si vous préférez un commentaire détaillé plutôt que suivre les flèches à l’instinct. Pour une famille de quatre qui monte à la tour et achète le livret, comptez grossièrement une quinzaine d’euros au total - le poste le plus cher restant de loin le temps, pas l’argent.
Ce que la plupart des visiteurs ratent : les trois boucles secondaires
C’est ici que se joue la vraie valeur d’une visite approfondie du Parcours de la Chouette. Quelques années après la création du circuit historique, l’office de tourisme a ajouté trois boucles secondaires. Elles ne figurent pas systématiquement dans les résumés touristiques rapides, alors qu’elles couvrent des quartiers et des monuments que le tracé de 2001 laissait de côté. Combinées au circuit principal, elles portent la marche totale à plusieurs kilomètres et 3 à 4 heures, selon des visiteurs qui ont fait l’ensemble d’une traite.
La boucle Jean-Jacques Rousseau
Cette extension s’enfonce dans le cœur médiéval du centre historique, dans le secteur aujourd’hui associé aux antiquaires. Le tracé documenté emprunte la rue Verrerie, bordée de maisons à colombages typiques du Moyen Âge, puis la rue Auguste-Comte et la rue Jean-Jacques-Rousseau, où se dresse la tour Saint-Nicolas, vestige d’une ancienne église. Il passe par la place de la République et son monument à Sadi Carnot, puis par la rue Vannerie, où s’alignent l’Hôtel Cœurderoy, l’Hôtel Chartraire de Montigny et l’ancien hôtel du commandement militaire. Il continue par la rue d’Assas et la placette Garibaldi, puis la rue Chaudronnerie, où se trouve la Maison des Cariatides du XVIe siècle, avant de rejoindre le tracé principal par la rue Lamonnoye.
La boucle Zola
La deuxième boucle traverse un secteur résidentiel plus tardif, à l’écart immédiat des monuments les plus photographiés. Elle passe par la place Émile-Zola et son bassin orné de grenouilles, la rue Charrue et ses façades sculptées, la place des Cordeliers avec l’Hôtel Gauthier, puis le quartier Sainte-Anne et l’ancienne église du couvent des Carmélites. Elle traverse le jardin Victor-Dumay et le jardin Jean-de-Berbisey, longe la rue Monge et l’Hôtel Bouchu dit d’Esterno, avant de revenir vers l’église Saint-Jean (étape 20 du tracé principal) et la place Bossuet, pour rejoindre la cathédrale Saint-Bénigne.
Le Puits de Moïse et la Chartreuse de Champmol
La troisième extension est, de loin, la plus riche patrimonialement, et la plus éloignée : elle conduit jusqu’au parc de l’Arquebuse puis à la Chartreuse de Champmol, ancien monastère démantelé à la Révolution dont il ne reste que deux éléments majeurs, le portail de l’église et le Puits de Moïse. Cette œuvre, sculptée par le Flamand Claus Sluter à la fin du XIVe siècle, comptait à l’origine six statues de prophètes - David, Moïse, Isaïe, Daniel, Zacharie et Jérémie - au centre du grand cloître de la chartreuse. Les historiens de l’art la considèrent comme l’une des pièces charnières entre le gothique tardif et la sculpture Renaissance, pour la justesse des expressions et le traitement des drapés. L’accès se fait librement depuis la cour de l’actuel centre hospitalier, sans billet. C’est une étape qui mérite, à elle seule, un détour que la boucle historique de 22 étapes ne propose jamais.
Pour une famille, l’enchaînement complet des trois boucles en une seule sortie est ambitieux avec de jeunes enfants : mieux vaut réserver la boucle historique de 22 étapes pour une première matinée, puis revenir un autre jour pour le Puits de Moïse, qui se visite bien en complément d’une balade au parc de l’Arquebuse voisin.
Informations pratiques
Le circuit est gratuit et accessible à toute heure, puisqu’il s’agit de plaques fixées au sol dans l’espace public, sans billet ni horaire d’ouverture. Aucune réservation n’est nécessaire, et le parcours se prête aussi bien à une visite solo qu’à une sortie en groupe ou en famille. La meilleure période reste le printemps ou le début de l’automne, quand les terrasses du centre-ville permettent une pause à mi-parcours sans la chaleur ni l’affluence du cœur de l’été.
Le seul coût éventuel, en dehors de la Tour Philippe le Bon, concerne le support de visite : le livret guide, qui détaille chaque étape, est en vente à l’office de tourisme de Dijon Métropole, 11 rue des Forges. Pour qui préfère un guide numérique, une application mobile dédiée au Parcours de la Chouette est disponible sur l’App Store et sur Google Play, moyennant quelques euros, avec un contenu équivalent au livret.
Questions fréquentes
Combien de temps prend le Parcours de la Chouette ?
Le Parcours de la Chouette est-il accessible en poussette ?
Le Parcours de la Chouette est-il gratuit ?
- Bourgogne Tourisme - Parcours de la Chouette
- JDS.fr - La Chouette de Dijon : histoire, parcours, adresse, application
- La Côte d'Or J'adore - Parcours de la Chouette
- La Côte d'Or J'adore - Le puits de Moïse
- Paris la Douce - Le parcours de la chouette, itinéraire touristique insolite à Dijon
- Drôle de Voyage - La chouette de Dijon : histoire, légendes et parcours touristique
- Destination Dijon (office de tourisme) - Le Parcours de la Chouette (The Owl Trail)
- Dabbling in Jet Lag - The Dijon Owl Trail: A Complete Guide
- Offbeat France - Visiting Dijon? Let the Dijon Owl Trail Guide You
- Les escapades de Sodisabi - Le Parcours de la Chouette et les boucles Zola et Rousseau
