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Trésor de Vix | Cratère de bronze de 1100 litres, torque en or, sépulture celte du VIe s. av. J.-C.
Chatillonnais

Trésor de Vix | Cratère de bronze de 1100 litres, torque en or, sépulture celte du VIe s. av. J.-C.

Cratère grec en bronze de 208 kg, torque en or de 480 g : la tombe princière celte du VIe s. av. J.-C. au mont Lassois. Découverte archéologique majeure.

5 min de lecture

En bref : le Trésor de Vix est l’une des découvertes archéologiques les plus importantes de l’Europe celtique. Mis au jour en 1953 au pied du mont Lassois, il comprend un cratère grec en bronze de 208 kg (le plus grand vase en métal de l’Antiquité classique), un torque en or massif de 480 g et le char d’une princesse celte du VIe siècle av. J.-C.

Au cours de l’hiver 1952-1953, l’archéologue René Joffroy et son assistant Maurice Moisson fouillent un tumulus au pied du mont Lassois, près du village de Vix, à 6 km au nord de Châtillon-sur-Seine. Contre toute attente, la tombe n’a jamais été pillée. Ce qu’ils y découvrent bouleverse la connaissance des relations entre les Celtes et le monde méditerranéen au premier âge du Fer.

Le cratère de Vix, chef-d’œuvre des bronziers grecs

La pièce maîtresse du trésor est un cratère à volutes en bronze d’une taille sans précédent : 1,64 m de hauteur, 208,6 kg et une capacité de 1 100 litres. C’est le plus grand vase en métal connu de l’Antiquité classique occidentale. Sa cuve, martelée dans une seule feuille de bronze épaisse de 1 à 1,3 mm, est un exploit technique qui témoigne du savoir-faire des bronziers grecs.

Le cratère a été fabriqué vers 530 av. J.-C. par des artisans grecs : les spécialistes hésitent entre un atelier de Grande Grèce - peut-être Sybaris, cité alors à son apogée - et un atelier de Grèce continentale. Son décor comprend une frise de chevaux et de hoplites courant sur le col, des anses ornées de têtes de Gorgone et un couvercle surmonté d’une statuette féminine drapée de 19 cm de hauteur. Le couvercle est perforé, servant de passoire à vin.

Le vase a parcouru plus de 1 000 km avant d’atteindre la Bourgogne, démonté en plusieurs éléments marqués de lettres grecques pour le transport. Il a probablement suivi la voie du Rhône et de la Saône depuis Marseille, puis remonté par la Seine jusqu’au mont Lassois, qui contrôlait probablement un carrefour commercial entre le monde méditerranéen et l’Europe du Nord.

La tombe de la princesse de Vix

La défunte, âgée d’une trentaine d’années, reposait sur le plateau d’un char démonté dont les roues avaient été déposées à côté d’elle. Les analyses anthropologiques indiquent une femme de forte stature, en bonne santé, sans trace de violence. Son statut rare est confirmé par la richesse de son mobilier funéraire.

Outre le cratère, la tombe contenait :

  • Un torque en or massif de 480 g, en or pur, retrouvé autour du crâne et longtemps interprété comme un diadème. C’est l’un des plus grands torques en or de l’Antiquité celtique.
  • Un second torque en bronze.
  • Huit fibules (broches), dont six ornées d’ambre, de corail et de feuilles d’or.
  • Des bracelets en lignite et des bracelets en bronze.
  • Une vaisselle de banquet d’exception : une phiale en argent (bol à libations), plusieurs vases de bronze d’origine étrusque, dont une oenochoé (cruche à vin), et une coupe attique en céramique, datée d’environ 525 av. J.-C., qui fournit un terminus post quem pour la datation de la tombe.

L’absence d’armes confirme qu’il s’agit d’une femme. La présence conjointe d’objets grecs, étrusques et celtes fait de Vix une sépulture unique en Europe, sans équivalent pour la concentration d’importations méditerranéennes.

L’oppidum du mont Lassois, palais princier celte

Le mont Lassois est une colline fortifiée dominant la vallée de la Seine, qui constituait à l’époque hallstattienne (VIe-Ve siècle av. J.-C.) un oppidum celte de premier ordre. Une vaste nécropole s’étendait au sud-est de la colline. Le site était probablement un important nœud commercial où la Seine - voie fluviale vers le nord - croisait la route terrestre reliant la Méditerranée à l’Europe du Nord pour le commerce de l’étain, de l’ambre et du vin.

Un rempart périphérique imposant ceinturait la base de la colline, s’ouvrant au nord vers le lit de la Seine. Les fouilles menées à partir de 2002 ont mis au jour un vaste complexe palatial au centre de l’oppidum, surnommé le « Palais de la Dame de Vix », sans équivalent dans le monde celte hallstattien.

Depuis 2002, un Programme Collectif de Recherche intitulé « Vix et son environnement » réunit des équipes françaises, allemandes, autrichiennes et suisses, qui poursuivent l’étude du site et de son territoire.

Où voir le Trésor de Vix

Le Trésor de Vix est exposé au Musée du Pays Châtillonnais, à Châtillon-sur-Seine (voir la page dédiée). Le cratère, le torque en or et l’ensemble du mobilier funéraire y sont présentés dans une salle spécialement conçue, avec une muséographie qui met en valeur le contexte archéologique de la découverte.

Le mont Lassois et les vestiges de l’oppidum sont accessibles en extérieur, avec un sentier d’interprétation qui permet de comprendre l’organisation du site princier. Le tumulus lui-même est visible depuis la route. La montée au sommet du mont offre un panorama notable sur la vallée de la Seine et le Châtillonnais.

Informations pratiques

Accès et horaires

Le musée est fermé de janvier à février, ainsi que le mardi hors saison. Comptez 1h30 à 2h pour la visite complète des collections, dont la salle du Trésor de Vix. Le sentier d’interprétation du mont Lassois demande 1h supplémentaire, avec une montée modérée. Prévoyez des chaussures adaptées pour le site archéologique en extérieur.

Pour ceux qui souhaitent approfondir, le Musée d’Archéologie Nationale de Saint-Germain-en-Laye présente le contexte des principautés celtes hallstattiennes dans ses collections permanentes. Plusieurs sites princiers contemporains de Vix sont visibles en Europe - Heuneburg (Allemagne), Hochdorf (Allemagne), Glauberg (Allemagne) - mais aucun n’a livré un vase aussi monumental que le cratère de Vix.

Questions fréquentes

Où voir le Trésor de Vix aujourd'hui ?
Le Trésor de Vix est exposé au Musée du Pays Châtillonnais, à Châtillon-sur-Seine. Le cratère, le torque en or et l'ensemble du mobilier funéraire y sont présentés dans une salle dédiée. L'oppidum du mont Lassois est visible en extérieur, avec un sentier d'interprétation.
Qui était la princesse de Vix ?
Une femme d'une trentaine d'années, de très haut rang, inhumée vers 500 av. J.-C. au pied du mont Lassois. Son squelette et son mobilier funéraire - char, cratère grec, torque en or - indiquent une princesse celte ou une reine, sans équivalent en Europe du Nord pour la richesse des objets importés.
Pourquoi le cratère de Vix est-il rare ?
C'est le plus grand vase en bronze de l'Antiquité classique occidentale, avec 1,64 m de hauteur, 208 kg et 1 100 litres de capacité. Fabriqué vers 530 av. J.-C. par des artisans grecs (les spécialistes hésitent entre un atelier de Grèce continentale et une colonie d'Italie du Sud), il a traversé les Alpes pour arriver en Bourgogne, démonté en plusieurs pièces marquées de lettres grecques.
Sources
  1. Wikipedia - Trésor de Vix
  2. Wikipedia - Cratère de Vix
  3. Musée du Pays Châtillonnais - Trésor de Vix
  4. Greece Is - The Vix Krater
  5. INRAP - Vix et son environnement
  6. Bourgogne Tourisme - Trésor de Vix
  7. Côte-d'Or Tourisme - Trésor de Vix
  8. Cambridge University Press - The Vix Burial
  9. Lonely Planet - Musée du Pays Châtillonnais