En bref : le palais des Ducs et des États de Bourgogne, classé monument historique depuis 1862, abrite depuis 1831 la mairie de Dijon et un musée des Beaux-Arts gratuit ; sa tour Philippe le Bon se monte par 316 marches en visite guidée de 45 minutes, tarifs sur destinationdijon.com.
Le palais des Ducs et des États de Bourgogne occupe le centre exact de Dijon, place de la Libération, et concentre à lui seul une bonne partie de ce qu’il faut comprendre de la ville avant de la visiter. Le bâtiment abrite depuis 1831 l’Hôtel de Ville de Dijon, plus les archives municipales, l’office de tourisme et le musée des Beaux-Arts : c’est l’un des rares palais ducaux français encore en usage administratif actif, pas un simple monument-musée figé dans le temps. Classé au titre des monuments historiques dès 1862, avec des limites de protection précisées par arrêté du 22 mai 1926, il mélange deux époques qui ne se ressemblent pas, un noyau médiéval du XIVe-XVe siècle et une enveloppe classique du XVIIe-XVIIIe siècle.
Un palais, deux histoires superposées
Le palais ducal médiéval
La reconstruction du palais démarre en 1365 sous l’impulsion de Philippe le Hardi, premier duc de Bourgogne de la maison de Valois et fils du roi Jean II. La tour de Bar, la partie la plus ancienne encore conservée, est édifiée entre 1365 et 1370 comme tour résidentielle de trois niveaux ; elle a servi de lieu de détention au roi René d’Anjou entre 1432 et 1436, ce qui lui a donné son nom actuel. Un siècle plus tard, entre 1450 et 1460, les grands travaux ducaux ajoutent le logis principal et la tour de la terrasse, rebaptisée depuis tour Philippe le Bon. La salle des gardes, achevée dans le même chantier, mesure 18 mètres de long sur 9 de large et 9 de haut : c’est là que se tenaient les grandes cérémonies de la cour ducale. Les cuisines, construites entre 1430 et 1435, forment une pièce carrée de 12 mètres de côté à doubles cheminées, dimensionnée pour nourrir une cour nombreuse.
La reconstruction classique de Mansart
Au tournant du XVIIe siècle, le palais médiéval ne correspond plus aux usages : les ducs de Bourgogne ont disparu depuis 1477, rattachés à la couronne de France, et le bâtiment devient le siège des États de Bourgogne, l’assemblée provinciale. Entre 1681 et 1786, sur un projet initial de Jules Hardouin-Mansart, l’ensemble est restructuré dans un style classique, avec en vis-à-vis la création de la place Royale à arcades, devenue la place de la Libération. C’est cette façade classique, et non le donjon médiéval, que l’on voit en premier. Il faut passer sous le porche et gagner la cour d’honneur pour retrouver la trace du palais des ducs proprement dit.
Cour de Bar et cour de Flore : deux cours, deux histoires
Le palais s’organise autour de trois cours, en éventail de part et d’autre de la cour d’honneur centrale qui donne sur la place. À droite, la cour de Bar (1365-1370) est la plus ancienne : elle conserve la tour de Bar et les cuisines ducales, le noyau médiéval du bâtiment. À gauche, la cour de Flore (1773-1780) appartient à l’extension classique voulue par les États de Bourgogne. Sous son porche se déploie l’escalier Gabriel, dessiné par Jacques Gabriel entre 1731 et 1738, qui mène à la salle des États puis à la salle de Flore, ancienne salle de banquet de 1786 devenue salle du conseil municipal. Pour un visiteur : la cour de Bar se regarde à toute heure, en accès libre, tandis que la cour de Flore et les salles qu’elle dessert ne s’ouvrent qu’à l’occasion de journées du patrimoine, de concerts ou de visites guidées thématiques.
La cour de Bourgogne, une puissance rivale du roi de France
Sous les quatre grands ducs Valois (Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon, Charles le Téméraire), la cour de Bourgogne installée à Dijon rivalise en faste avec celle de Paris, au point que les chroniqueurs de l’époque la décrivent souvent comme la plus somptueuse d’Europe occidentale. Le duché contrôle un territoire qui s’étend jusqu’aux Flandres, et Dijon en est la capitale politique, pas une résidence secondaire. La tour Philippe le Bon met en scène cette puissance : construite entre 1450 et 1460, en pleine apogée du duché, elle répond à une logique d’affichage autant que défensive, et domine toujours le centre historique dijonnais.
Mairie et musée : un palais à deux usages
Le palais des Ducs surprend les premiers visiteurs : une partie du bâtiment continue d’accueillir, au quotidien, les services de la mairie de Dijon. La ville a acquis les bâtiments du palais progressivement, jusqu’à ce que l’Hôtel de Ville s’y installe pour de bon en 1831 (jusque-là, la municipalité siégeait à l’hôtel Rolin, ancienne demeure du chancelier Nicolas Rolin, depuis 1500). Les ailes administratives (bureaux du maire, services municipaux) sont fermées au public en dehors de démarches officielles. Seules les parties patrimoniales restent accessibles : musée des Beaux-Arts, salle des gardes, cours de Bar et de Flore en extérieur, tour Philippe le Bon en visite guidée. La salle des États et la salle de Flore, où siège le conseil municipal, ne se visitent qu’à l’occasion d’événements ponctuels (journées du patrimoine en septembre, concerts, visites guidées réservées à l’avance) : un visiteur venu un jour ordinaire ne verra ni l’une ni l’autre.
Le musée des Beaux-Arts, gratuit dans les salles ducales
Les tombeaux des ducs et les pleurants
Le musée des Beaux-Arts occupe l’aile est du palais, rénovée entre 2008 et 2012, et accueille plusieurs centaines de milliers de visiteurs par an. La pièce centrale de la collection reste les tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur, deux monuments funéraires tardo-médiévaux installés dans la salle des gardes en 1827 et entourés de leurs pleurants en albâtre, réputés pour leur finesse et leur expressivité. Ce sont, avec la salle des gardes qui les abrite, les seuls éléments du palais que l’on visite librement sans réservation ni visite guidée.
Au-delà des tombeaux : ce que le musée conserve d’autre
Les tombeaux ducaux ne résument pas la collection. Le musée conserve aussi le retable de la Crucifixion, sculpté par Jacques de Baerze pour les ducs de Bourgogne, l’une des pièces majeures de l’art gothique tardif bourguignon, ainsi qu’un ensemble de primitifs flamands et allemands hérité du mécénat ducal. Depuis sa rénovation achevée en 2019, l’établissement présente environ 1 500 œuvres réparties sur 50 salles, du Moyen Âge au XXe siècle.
Horaires
Le musée ouvre tous les jours sauf le mardi, de 9h30 à 18h du 1er octobre au 31 mai, et de 10h à 18h30 du 1er juin au 30 septembre. Il ferme le 1er janvier, le 1er et le 8 mai, le 14 juillet, le 1er et le 11 novembre, et le 25 décembre.
Tarifs, accessibilité et durée de visite
Les collections permanentes sont gratuites, une politique assez rare pour un musée de cette envergure, suffisante à elle seule pour justifier un détour. Seules les expositions temporaires sont payantes, 9 € en plein tarif et 5 € en tarif réduit. Le musée est entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite, contrairement à la tour. Comptez une heure pour un passage centré sur les tombeaux, deux heures pour une sélection plus large des 50 salles.
La tour Philippe le Bon : grimper au sommet
Réservation, tarifs, durée
Contrairement au musée, la tour ne se visite pas librement : montée uniquement en visite guidée, réservation obligatoire auprès de l’office de tourisme de Dijon Métropole, 11 rue des Forges (08 92 70 05 58, ou info@otdijon.com). La visite dure 45 minutes. Tarifs et réservation auprès de l’office de tourisme de Dijon Métropole, sur destinationdijon.com. Au sommet des 46 mètres, le panorama couvre le centre historique et, par temps clair, les premiers reliefs du vignoble à l’ouest.
Accessibilité et précautions
La montée compte 316 marches, sans ascenseur. L’office de tourisme déconseille la visite aux femmes enceintes et aux personnes à mobilité réduite - à vérifier avant de réserver, surtout en famille : rien n’est adapté à un rythme lent, et il n’existe pas de redescente à mi-parcours sans perturber le groupe.
Où manger sur place ou juste à côté
La place de la Libération, redessinée en esplanade piétonne avec ses fontaines face au palais, concentre les meilleures adresses pour prolonger la visite sans marcher longtemps. Le Pré aux Clercs, au 13 place de la Libération, fait directement face au palais des Ducs : cuisine bourguignonne traditionnelle, préparations maison, terrasse sur la place.
Organiser sa visite du palais
Dans les faits, la visite du palais des Ducs se scinde en deux expériences séparées, qui ne se réservent pas de la même façon. Le musée des Beaux-Arts et la salle des gardes se visitent librement, sans horaire imposé, une étape facile à caler entre deux rendez-vous ou en fin de matinée. La tour Philippe le Bon, elle, impose de réserver un créneau à l’avance, en particulier en haute saison où les créneaux se remplissent vite. Le plus efficace : réserver la tour en premier, puis caler la visite du musée avant ou après le créneau retenu. Comptez une heure pour le musée seul, près de deux heures pour les deux, réservation et attente comprises, avec une pause déjeuner ou un café sur la place pour faire la jonction.
Questions fréquentes
Le musée des Beaux-Arts de Dijon est-il payant ?
Faut-il réserver pour monter à la tour Philippe le Bon ?
Le palais des Ducs est-il accessible aux personnes à mobilité réduite ?
Peut-on visiter la mairie de Dijon à l'intérieur du palais ?
Où manger près du palais des Ducs ?
- Dijon Musées - Informations pratiques
- Ville de Dijon - Patrimoine, le palais des ducs et des États de Bourgogne
- Monumentum - Fiche monument historique PA00112427
- Bourgogne Tourisme - Le musée des Beaux-Arts de Dijon
- MesSortiesCulture - Visite guidée de la tour Philippe le Bon
- Bourgogne Tourisme - Tour Philippe le Bon
- Wikipédia - Palais des ducs et des États de Bourgogne
- Wikipédia - Hôtel de ville de Dijon
- Wikipedia (EN) - Musée des Beaux-Arts de Dijon
- Le Pré aux Clercs - Restaurant place de la Libération







