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Les Halles de Dijon : marché, histoire et bonnes adresses
Dijon

Les Halles de Dijon : marché, histoire et bonnes adresses

Jours et horaires du marché, budget d'un panier, histoire du bâtiment du XIXe siècle, spécialités bourguignonnes et bonnes adresses juste à côté.

8 min de lecture
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Les Halles de Dijon : marché, histoire et bonnes adresses

Jours et horaires du marché, budget d'un panier, histoire du bâtiment du XIXe siècle, spécialités bourguignonnes et bonnes adresses juste à côté.

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En bref : les Halles de Dijon, marché couvert métallique achevé en 1875 (et non par Gustave Eiffel), accueillent des centaines d’exposants le mardi, jeudi, vendredi et samedi de 7h à 13h, pour un panier moyen de 15 à 25 € à deux.

Un mardi matin de marché, les Halles de Dijon tournent à plein régime bien avant que le reste du centre-ville n’ouvre ses volets. Sous la charpente métallique, entre les étals de fromagers, de bouchers et de primeurs, se joue une scène qui n’a pas beaucoup changé depuis un siècle et demi : les Dijonnais viennent y faire leurs courses, pas seulement les touristes de passage. C’est ce qui distingue ce marché d’un simple point de photo sur une carte touristique : on y vient pour acheter, et la visite se fait en même temps, sans même y penser.

Jours et horaires : quand venir (et quand éviter la foule)

Le marché des Halles se tient le mardi, le jeudi, le vendredi et le samedi, de 7h à 13h, toute l’année, sous la halle elle-même et dans les rues qui l’entourent : rue de Soissons, place de la Banque, rue Bannelier, place Grangier et rue François-Rude.

Les quatre jours n’offrent pas la même expérience. Le samedi matin concentre le plus grand nombre d’exposants et l’ambiance la plus dense, avec une affluence qui peut rendre la circulation entre les étals compliquée après 9h30. Le mardi et le vendredi conviennent mieux à qui veut éviter la foule tout en trouvant l’essentiel des commerçants ouverts. L’offre y est légèrement resserrée par rapport au samedi, mais largement suffisante pour un panier complet. Le jeudi tient un rôle intermédiaire, plus calme que le samedi sans être aussi creux qu’un mardi de faible affluence.

Pour un premier passage sans bousculade, viser 7h30-8h30 reste le créneau le plus confortable, quel que soit le jour : les commerçants installent encore une partie de leurs étals, mais l’essentiel est déjà en place, et les habitués n’ont pas encore envahi les allées.

La Ville de Dijon ajuste ce calendrier lors des jours fériés, avec des ouvertures avancées ou décalées et des fermetures ponctuelles des jours habituels. À titre d’exemple, pour le pont du mois de mai, le marché a été ouvert exceptionnellement un jeudi et un vendredi habituellement fermés, en compensation de fermetures les jours fériés eux-mêmes. Pour une visite calée sur un jour férié, mieux vaut vérifier le calendrier publié par la Ville de Dijon avant de se déplacer plutôt que de se fier à l’habitude.

Budget d’un panier de marché

Difficile de donner un chiffre unique tant les prix varient selon la saison et le producteur, mais un repère utile : pour deux personnes, compter environ 15 à 25 € pour un panier simple (fromage, charcuterie, fruits et légumes de saison), et davantage dès qu’on ajoute une pièce de viande ou du poisson frais. Les Halles ne sont pas structurellement plus chères qu’un supermarché sur les produits de base : la différence de prix se joue surtout sur les produits fermiers ou AOC, où l’on paie la qualité et le circuit court plutôt que le lieu de vente.

L’histoire du bâtiment : une structure métallique du XIXe siècle

En 1868, la municipalité dijonnaise décide remplacer les marchés dispersés dans la ville par un marché couvert unique, répondant aux nouvelles exigences d’hygiène et d’espace. Le site retenu est celui de l’ancien couvent des Jacobins, détruit à la Révolution puis reconverti en marché aux comestibles baptisé « marché du Nord » dès 1807. Les Halles actuelles héritent donc d’une vocation commerciale bien antérieure au bâtiment lui-même.

La première pierre est posée le 31 mai 1873 par le maire Augustin Perdrix, et le bâtiment est achevé en 1875, pour un coût de 1,2 million de francs de l’époque. Il couvre alors 4 400 m². À l’ouverture, on y comptait 246 boutiques, 14 annexes et 728 bancs. La charpente métallique a été réalisée par les fonderies et ateliers de construction de Fourchambault, dans la Nièvre. Le bâtiment est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1975, un classement qui l’a sauvé d’un projet de démolition envisagé dans les années 1970 pour faire place à un programme immobilier.

Au-delà de la structure, les détails décoratifs valent le coup d’œil : colonnes cannelées à chapiteaux ornés de pampres de vigne, reliefs représentant des têtes de cerf, de sanglier et de bœuf, et médaillons figurant Cérès et Hermès, déesse des moissons et dieu du commerce. Un décor pensé pour rappeler, dès l’entrée, que le bâtiment sert le commerce alimentaire.

En 2025, les Halles ont fêté leurs 150 ans, avec un programme de visites gourmandes organisées par la Ville et les commerçants du marché.

Façade des Halles centrales de Dijon, marché couvert métallique achevé en 1875 Photo : Arnaud 25, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Le mythe Eiffel

On prête souvent les Halles de Dijon à Gustave Eiffel, et l’erreur est compréhensible : la structure en fonte, acier et verre, très lumineuse, rappelle immédiatement le style des halles parisiennes de la même époque. Les ateliers de l’ingénieur dijonnais ont effectivement soumis un projet en 1868, quatre pavillons reliés entre eux, mais ce projet n’a pas été retenu. C’est l’architecte municipal Ballard qui a dessiné les plans initiaux, achevés et menés à leur terme par l’ingénieur Louis-Clément Weinberger. Selon les archives locales, Eiffel aurait mal vécu ce refus, allant jusqu’à écrire à ses parents sa crainte que ses idées soient reprises sans lui. La confusion tient aussi à une proximité de noms : Baltard, l’architecte des Halles de Paris, se prononce presque comme Ballard, l’architecte dijonnais retenu ici. Le résultat reste, quoi qu’il en soit, l’un des exemples les mieux conservés d’architecture métallique commerciale du XIXe siècle en France.

Ce qu’on trouve aux Halles : spécialités bourguignonnes

Des centaines de commerçants et producteurs tiennent boutique ou étal sous la halle et dans les rues adjacentes : bouchers, fromagers, poissonniers, primeurs, artisans. C’est l’endroit le plus concentré de Dijon pour repartir avec les produits qui font la réputation gastronomique de la ville.

Côté fromages, deux noms reviennent systématiquement chez les affineurs des Halles : l’Époisses, pâte molle à croûte lavée au marc de Bourgogne, et le Soumaintrain, son cousin moins connu mais tout aussi typé, le premier sous appellation d’origine protégée. Côté charcuterie, le jambon persillé, spécialité bourguignonne servie froide en gelée persillée au vin blanc, se trouve sur plusieurs étals, tout comme les escargots de Bourgogne, préparés au beurre persillé, vendus prêts à cuire. Le cassis de Dijon apparaît aussi sous forme de confitures et de sirops chez les producteurs locaux, en écho à la crème de cassis qui a fait la réputation liquoreuse de la ville.

Deux maisons dijonnaises historiques, sans être installées à l’intérieur même des Halles, structurent cette réputation depuis le centre-ville tout proche. Mulot & Petitjean, fabrique de pain d’épices fondée en 1796, occupe toujours son siège historique du 13 place Bossuet. Maille, la maison de moutarde dijonnaise, tient boutique au 32 rue de la Liberté, avec un concept de moutardes servies fraîches à la pompe qui attire autant les gourmets que les curieux. Les deux méritent un détour en complément d’une matinée aux Halles, sans s’y substituer : le marché reste le lieu où l’on trouve les petits producteurs que ces grandes maisons ne remplacent pas.

Les bonnes adresses juste à côté

La rue Bannelier, qui longe directement le bâtiment, et la place François-Rude toute proche concentrent les adresses les plus pratiques pour prolonger une visite du marché par un repas ou un verre.

La Buvette des Halles

Au 1 rue Bannelier, ce bistrot à vin fonctionne sur un principe simple : on peut y apporter les huîtres, fromages ou charcuteries achetés quelques minutes plus tôt sur les étals, une manière directe de transformer des courses en repas sans passer par une cuisine.

Le Bistrot des Halles

Un peu plus loin au 10 rue Bannelier, face au bâtiment classé, l’adresse propose une carte de vins dominée par la Bourgogne, avec quelques flacons bordelais et internationaux en complément, et plus d’une dizaine de vins au verre pour qui veut goûter sans s’engager sur une bouteille entière. Une grande terrasse, couverte et chauffée en saison froide, donne directement sur la place du marché.

O’Bareuzai

Sur la place François-Rude, à deux pas des Halles, ce restaurant tient son nom de la statue centrale de la place et profite d’une des terrasses les plus animées du centre-ville aux beaux jours, idéale pour prolonger une matinée de marché par un déjeuner.

Ces adresses ont un point commun : elles ouvrent tôt, en phase avec les horaires du marché, ce qui les distingue des restaurants classiques du centre-ville qui n’ouvrent qu’à l’heure du déjeuner.

Infos pratiques : accès, stationnement, alentours

Les Halles se trouvent en plein centre historique de Dijon, à environ dix minutes à pied de la gare de Dijon-Ville et à deux pas de la place François-Rude et de sa statue du Bareuzai. Le secteur est entièrement piéton aux heures de marché, ce qui rend la voiture peu pertinente pour la dernière partie du trajet.

Pour qui vient tout de même en voiture, le parking Grangier, en ouvrage, se trouve à quelques mètres de la halle : 335 places, ouvert 24h/24 et 7j/7. En tramway, les lignes T1 et T2 desservent les arrêts République ou Grangier à quelques minutes à pied. Prévoir un sac isotherme pour repartir avec des produits frais, surtout en été.

Questions fréquentes

Quels jours le marché des Halles de Dijon est-il ouvert ?
Le marché se tient sous les Halles et dans les rues attenantes le mardi, le jeudi, le vendredi et le samedi, de 7h à 13h, toute l'année. Le samedi reste le jour le plus animé, avec le plus grand nombre d'exposants ; le mardi et le vendredi conviennent mieux à qui veut éviter la foule.
Est-ce vrai que Gustave Eiffel a construit les Halles de Dijon ?
Non, malgré une confusion très répandue. Les ateliers de Gustave Eiffel ont soumis un projet en 1868, mais c'est celui de l'architecte municipal Ballard, achevé par l'ingénieur Louis-Clément Weinberger, qui a été retenu. Eiffel n'a donc pas construit le bâtiment, même si le style métallique de l'édifice entretient la confusion avec ses réalisations parisiennes.
Où manger juste à côté des Halles de Dijon ?
La rue Bannelier, qui longe le marché, et la place François-Rude toute proche concentrent plusieurs adresses pensées pour prolonger une visite, dont La Buvette des Halles (1 rue Bannelier).
Où se garer près des Halles de Dijon ?
Le parking Grangier, en ouvrage sur la place Grangier, à quelques mètres du marché, propose 335 places ouvertes 24h/24. Le secteur reste toutefois entièrement piéton aux heures de marché, ce qui rend le tramway (lignes T1 et T2) souvent plus pratique que la voiture.
Sources
  1. Ville de Dijon - Commerce et artisanat, horaires du marché
  2. Ville de Dijon - Marché extérieur et Halles : ouvertures et fermetures rares
  3. Wikipédia - Halles centrales de Dijon
  4. Dijon Beaune Mag / CAUE - Halles de Dijon, Eiffel hors de cause
  5. Dijon Beaune Mag - Halles : petite histoire du ventre de Dijon
  6. Dijon l'Hebdo - Les Halles de Dijon fêtent leurs 150 ans
  7. Wikipédia - Mulot & Petitjean
  8. Maille - Découvrez nos boutiques (Dijon)
  9. Dijon Beaune Mag - Bareuzai, le vendangeur aux bas rosés
  10. DiviaMobilités - Parking Grangier
  11. Bourgogne Tourisme - La Buvette des Halles