En bref : avec environ 360 gîtes labellisés et une vingtaine de gîtes communaux, la Côte-d’Or offre une des plus fortes densités de locations rurales de Bourgogne-Franche-Comté. Du gîte de charme dans un corps de ferme auxois au gîte de pêche au bord du canal, en passant par la cabane perchée en forêt châtillonnaise, le choix dépend moins du label que du « pays » dans lequel on s’installe. Chaque région naturelle, Dijonnais, Auxois, Châtillonnais, Morvan, a sa propre logique de séjour.
Le gîte rural est la forme d’hébergement la plus répandue en Côte-d’Or après la résidence secondaire. Selon les données 2025 de l’ADN Tourisme et de l’INSEE, le département compte environ 360 hébergements labellisés (Gîtes de France et Clévacances confondus), auxquels s’ajoutent des locations non classées et une vingtaine de gîtes communaux gérés directement par les mairies. Ce maillage dense couvre l’ensemble du territoire, avec des pics de concentration dans le Dijonnais périurbain, la vallée de l’Ouche et le pays auxois, et une couverture plus lâche dans le Châtillonnais et le Morvan, où les gîtes sont plus espacés mais aussi plus isolés.
Les deux labels dominants, Gîtes de France et Clévacances, fonctionnent sur des principes très proches mais avec des grilles d’évaluation différentes. Gîtes de France soumet chaque hébergement à un audit portant sur 250 critères répartis en six catégories : équipements, confort, services, environnement, activités et développement durable. Le classement va de 1 à 5 épis, le 5 épis correspondant à un niveau prestige avec prestations hôtelières (linge fourni, produits d’accueil, ménage inclus, spa ou piscine privative). Clévacances utilise une grille plus légère d’environ 150 critères et un classement en clés de 1 à 5, avec un système voisin. Les deux labels imposent des contrôles réguliers et une mise à jour des cotisations, mais aucun des deux ne garantit l’ancienneté du bâti : un gîte 4 épis peut être installé dans un corps de ferme du XVIIIe siècle entièrement rénové comme dans une construction récente, seul le confort intérieur est audité.
Les gîtes du Dijonnais : la campagne à vingt minutes de la ville
Le Dijonnais, compris dans un rayon d’environ 25 kilomètres autour de Dijon, concentre la plus forte densité de gîtes ruraux du département. Cette zone bénéficie de la demande générée par la métropole dijonnaise, visiteurs en déplacement professionnel, familles venues pour un événement (Foire internationale et gastronomique, Fêtes de la Vigne, matchs du DFCO), touristes étrangers qui souhaitent loger à la campagne tout en ayant la ville à portée de tramway. Les gîtes y sont presque tous labellisés Gîtes de France ou Clévacances, avec une majorité de 2 à 4 épis, et des tarifs légèrement supérieurs à la moyenne départementale en raison de la pression locative.
Quatre secteurs se distinguent dans le Dijonnais rural. La vallée de l’Ouche, de Fleurey-sur-Ouche à Pont-d’Ouche, offre des gîtes en bord de rivière ou de canal, avec accès direct au chemin de halage pour les cyclistes et les marcheurs. Le plateau de Langres côté est, autour de Is-sur-Tille et Selongey, propose des gîtes plus isolés, souvent avec jardin clos et grand terrain, adaptés aux familles avec enfants. La Côte dijonnaise, les villages viticoles de Marsannay-la-Côte, Couchey, Chenôve, Fixin, concentre des gîtes de standing dans d’anciennes maisons de vignerons, avec vue sur les vignes et parfois cave privée. Enfin, le Val de Saône, du côté d’Auxonne et de Saint-Jean-de-Losne, attire une clientèle de plaisanciers avec des gîtes proches des ports de la Saône.
Le prix d’un gîte 4 personnes dans le Dijonnais pour une semaine en haute saison varie selon le standing : comptez de 400 à 1 200 euros la semaine selon l’équipement et la localisation. La basse saison offre des réductions qui ramènent souvent le coût d’une semaine à 350-450 euros pour un hébergement correct. Le principal avantage de ce secteur est la proximité des commerces et des services, avec des temps de trajet courts vers les grandes surfaces ou les centres médicaux.
L’Auxois : le gîte de charme dans la pierre
La région la plus demandée pour les séjours familiaux
L’Auxois, qui s’étend de Semur-en-Auxois à Montbard et de Vitteaux à Pouilly-en-Auxois, est le secteur où l’offre de gîtes ruraux est la plus diversifiée et la plus qualitative du département. Le paysage y alterne bocage, buttes calcaires couronnées de forêts et vallées verdoyantes, ponctué de villages médiévaux parmi les plus beaux de Bourgogne : Semur-en-Auxois, Flavigny-sur-Ozerain, Châteauneuf-en-Auxois, Saint-Thibault. La concentration de sites classés (abbaye de Fontenay UNESCO, château de Bussy-Rabutin, basilique de Vézelay à moins d’une heure) attire une clientèle de séjour culturel qui loue pour une semaine complète plutôt qu’en week-end.
Les gîtes auxois se répartissent en trois catégories principales. Les gîtes de corps de ferme, aménagés dans d’anciennes granges ou étables en pierre calcaire, avec poutres apparentes, murs épais et toits en tuile plate : ils représentent environ 40 % de l’offre labellisée de l’Auxois et sont particulièrement recherchés pour leur cachet et leur volume. Les gîtes de village, logements indépendants dans le bâti ancien des centres bourgs, plus compacts mais mieux situés pour les visites à pied. Les gîtes de propriété, loués par des propriétaires qui habitent sur place (souvent dans un corps de ferme attenant), avec un accueil plus personnalisé et des conseils de visite locaux.
Le label Gîtes de France domine très largement l’Auxois, avec environ 90 hébergements sur les 210 que compte le département. La raison tient à l’histoire : Gîtes de France est né en 1955 en Provence et s’est développé dès les années 1960 en Bourgogne, porté par les communes et les chambres d’agriculture qui voyaient dans la location rurale un complément de revenu pour les exploitations. L’Auxois, région agricole où la polyculture-élevage domine, a été un terrain d’implantation précoce, et le réseau des conseillers Gîtes de France Côte-d’Or y effectue encore aujourd’hui l’essentiel de ses visites d’agrément et de contrôle.
Prix, capacité et équipements par secteur auxois
Les prix dans l’Auxois suivent une logique de gradient : plus on se rapproche des sites les plus visités (Semur-en-Auxois, Flavigny, Abbaye de Fontenay), plus le tarif est élevé. Un gîte 3 épis de 6 personnes situé à Semur-en-Auxois ou dans un rayon de 5 kilomètres autour de Flavigny se loue entre 700 et 950 euros la semaine en haute saison. Le même gîte, déplacé de 20 kilomètres vers l’est (canton de Vitteaux, Précy-sous-Thil) ou vers le nord (canton de Montbard hors Semur), tombe à 550-700 euros pour une capacité et des équipements équivalents. L’écart est purement géographique et ne reflète pas une différence de qualité : il traduit simplement la demande concentrée sur les pôles touristiques.
La capacité des gîtes auxois est en moyenne plus élevée que dans le reste du département : les corps de ferme aménagés offrent fréquemment 6 à 10 couchages répartis sur deux niveaux, avec deux ou trois salles de bains, une grande cuisine équipée et un séjour spacieux. Cette configuration les destine plutôt aux familles nombreuses, aux groupes d’amis et aux réunions de famille. À l’inverse, les gîtes de village dans les cités médiévales sont plus compacts (2 à 4 personnes), souvent sur plusieurs étages avec escalier étroit, ce qui les rend moins adaptés aux personnes à mobilité réduite mais plus charmants pour un couple ou une petite famille.
L’équipement standard d’un gîte 3 épis en Auxois comprend : cuisine équipée (plaques, four, réfrigérateur, lave-vaisselle), lave-linge, chauffage central ou poêle à bois, télévision, wifi, terrasse ou jardin privatif, parking. Les gîtes 4 épis ajoutent : piscine privative ou partagée, spa ou jacuzzi, cheminée ou insert, linge de maison fourni, lit bébé sur demande, produits d’accueil locaux (jus de pomme, confiture, miel de l’Auxois). Les gîtes 5 épis, très rares en Côte-d’Or (moins de 5 dans tout le département), intègrent des prestations hôtelières complètes avec ménage quotidien, petit-déjeuner sur commande et conciergerie.
Le Châtillonnais : gîtes d’étape et de nature
Le Châtillonnais, au nord du département, offre un type de gîte radicalement différent : l’accent y est mis sur l’isolement, la nature et le calme plutôt que sur la proximité des sites touristiques. La densité de gîtes est la plus faible de Côte-d’Or, avec environ 35 hébergements labellisés pour un territoire de plus de 1 800 km², soit un gîte pour 51 km² contre un pour 8 km² dans le Dijonnais. Cet isolement est à la fois l’attrait principal, être seul au milieu des champs et des forêts, et la contrainte principale : l’accès aux commerces et aux services peut nécessiter 20 à 30 minutes de voiture.
Les gîtes du Châtillonnais se concentrent autour de trois axes : la vallée de la Seine (de Châtillon-sur-Seine à Saint-Seine-sur-Vingeanne), où se trouvent les gîtes les plus accessibles et les mieux équipés, souvent en bord de rivière avec jardin ; le plateau de la Montagne, secteur de forêts et de clairières autour de Recey-sur-Ource et d’Auberive, où les gîtes sont des fermes isolées en pierre, avec chauffage au bois et parfois sans connexion internet fiable ; et le Val d’Aube, à l’est, autour de Montigny-sur-Aube et de la forêt de Clairvaux. Les gîtes communaux sont particulièrement présents dans ce secteur : plusieurs petites communes du secteur louent un logement communal rénové à des prix très modérés, entre 250 et 400 euros la semaine.
Le Châtillonnais est aussi le secteur privilégié des gîtes insolites en Côte-d’Or : yourtes, cabanes dans les arbres, roulottes et tiny houses y sont plus nombreux que dans le reste du département, portés par une demande de tourisme nature et déconnexion. Ces hébergements non standardisés échappent souvent au classement Gîtes de France ou Clévacances, mais ils sont recensés par l’office de tourisme du Pays Châtillonnais et les plateformes de réservation spécialisées. Leur prix, en haute saison, varie de 70 à 130 euros la nuit pour deux personnes, avec une capacité limitée (2 à 4 couchages) et des équipements souvent sommaires (sanitaires partagés, cuisine en extérieur).
Le Morvan : gîtes de pêche, de randonnée et d’étoiles
Des hébergements pensés pour l’activité de plein air
Le Morvan côté Côte-d’Or, c’est-à-dire la partie est du parc naturel régional, offre une cinquantaine de gîtes labellisés répartis sur les cantons de Saulieu, Précy-sous-Thil et Liernais. La spécificité des gîtes morvandiaux tient à leur orientation vers les activités de plein air. Beaucoup d’entre eux proposent un équipement dédié : garage à vélos avec kit de réparation, séchoir à vêtements de pêche, local de rangement pour le matériel de randonnée, borne de recharge pour vélos électriques. Certains gîtes situés près du lac de Pont ou du lac de Chamboux incluent une carte de pêche à la semaine et un accès aux pontons privés.
Le type de gîte le plus répandu dans le Morvan est le gîte de pêcheur ou de randonneur : capacité 4 à 6 personnes, équipement fonctionnel sans excès de standing, chauffage au bois ou au fioul, situé dans un hameau ou en bord de route départementale plutôt qu’au cœur d’un village. Les tarifs sont parmi les plus bas du département : compter 300 à 500 euros la semaine en haute saison pour un gîte 2 à 3 épis, avec des offres de dernière minute en juin et septembre à moins de 250 euros. Le gîte de standing existe aussi dans le Morvan mais en nombre plus réduit, concentré autour de Saulieu (ville étape de la route nationale N6 et de la RN80, avec ses restaurants réputés) et du lac de Pont.
Le Morvan est également le territoire où la saison d’ouverture des gîtes est la plus marquée. Si la plupart des propriétaires louent toute l’année, la demande chute fortement entre novembre et mars, sauf pour les gîtes équipés d’un poêle à bois ou d’une cheminée, qui attirent une clientèle de courts séjours hivernaux. La basse saison (janvier-mars) peut voir des tarifs 50 % inférieurs à ceux de l’été, avec des nuits à partir de 45 euros pour un gîte 2 personnes. Certains gîtes ferment purement et simplement de novembre à mars, notamment ceux qui ne disposent pas d’un chauffage central efficace.
Gîtes communaux : l’alternative économique
Les gîtes communaux, gérés directement par les municipalités sans label privé, méritent une mention particulière dans le contexte morvandiau. Sur la vingtaine de gîtes communaux recensés en Côte-d’Or, une dizaine se trouve dans le Morvan, dans des communes de moins de 200 habitants. Ces hébergements sont installés dans d’anciens logements d’instituteur, des presbytères rénovés ou des maisons de village acquises par la commune. Leur équipement est basique mais fonctionnel : cuisine, salle de bains, 2 à 4 chambres, chauffage électrique ou au bois. Le tarif est souvent dégressif selon la durée, avec des nuits à partir de 35 euros pour un couple hors saison, et des semaines à 250-350 euros.
Leur principal inconvénient est l’absence de visibilité : peu de gîtes communaux disposent d’un site de réservation en ligne ou d’une présence sur les plateformes. La réservation se fait par téléphone ou email auprès de la mairie, et les disponibilités ne sont pas toujours à jour sur les annuaires touristiques. En contrepartie, l’accueil est généralement très personnalisé, avec des conseils du maire ou de la secrétaire de mairie sur les chemins de randonnée, les producteurs locaux et les événements du village.
Bien choisir son gîte selon son programme de séjour
Le choix d’un gîte en Côte-d’Or dépend d’abord du programme de séjour, plus que du label ou du prix. Un séjour centré sur la visite des grands sites touristiques (Hospices de Beaune, Abbaye de Fontenay, Château de Bussy-Rabutin, cité médiévale de Semur) justifie un gîte dans l’Auxois central, à moins de 30 minutes de chaque site. Un séjour nature et randonnée profite des gîtes du Morvan ou du Châtillonnais, avec des départs de sentiers balisés depuis le pas de la porte. Un séjour œnotouristique doit viser les gîtes du Dijonnais ou de la Côte de Beaune, à distance de marche ou de courte voiture des domaines viticoles. Et un séjour de déconnexion complète, sans téléphone ni contrainte horaire, trouve sa place dans les gîtes isolés du Châtillonnais ou du Morvan profond.
La période de réservation est aussi un facteur clé. Pour l’Auxois et le Dijonnais, les gîtes 3 et 4 épis sont largement réservés dès le mois d’avril pour la haute saison, et les dernières disponibilités en juillet-août se trouvent surtout dans les gîtes communaux ou les locations non classées. Pour le Châtillonnais et le Morvan, la disponibilité reste bonne jusqu’à fin juin, avec des annulations de dernière minute fréquentes. La tendance 2025-2026 confirme une progression sensible des réservations de gîtes ruraux en Bourgogne-Franche-Comté, tirée par la demande de séjours nature post-pandémie et la croissance du télétravail en vacances (gîtes avec wifi recherchés par les actifs qui prolongent leur séjour en semaine).
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre Gîtes de France, Clévacances et un gîte communal ?
Quel budget prévoir pour un gîte rural en Côte-d'Or en 2026 ?
Un gîte classé Gîtes de France 4 épis est-il forcément plus cher qu'un 2 épis ?
Est-ce que les gîtes ruraux acceptent les animaux ?
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