Aller au contenu
Trésors de Côte d'OrTrésors de Côte d'OrLe guide indépendant
Truffe de Bourgogne : espèce, saison et usage culinaire
Manger-boire

Truffe de Bourgogne : espèce, saison et usage culinaire

Tuber uncinatum : classification, sols calcaires et symbiose forestière, saison légale du 15 septembre, réglementation du cavage et usages en cuisine.

4 min de lecture

En bref : la truffe de Bourgogne est une espèce précise, Tuber uncinatum, distincte de la truffe noire du Périgord (Tuber melanosporum). Elle mûrit sous les chênes et les noisetiers, en sols calcaires, de la mi-septembre à janvier. En Côte-d’Or, la récolte n’est légale qu’à partir du 15 septembre, et le ramassage sans autorisation est un délit, pas une contravention. La région a produit 26 tonnes en 2021, dont 10 en Côte-d’Or.

Deux truffes se disputent la réputation gastronomique française : la noire du Périgord, récoltée en hiver, et celle de Bourgogne, plus discrète, qui mûrit à l’automne sous les mêmes forêts que celles où l’on cueille les cèpes. Les confondre avec un simple champignon sombre serait une erreur.

Tuber uncinatum, une espèce à part entière

Classification et distinction avec le Périgord

La truffe de Bourgogne appartient au règne des champignons, à la division des Ascomycètes, à l’ordre des Pézizales et à la famille des Tubéracées, sous le nom Tuber uncinatum. Son épithète vient de la forme en crochet des ornementations qui couvrent ses spores. Elle se distingue de Tuber melanosporum, la truffe noire du Périgord décrite en 1831 par le mycologue italien Carlo Vittadini, par sa saison (automne contre hiver) et son arôme, plus proche de la noisette que du sous-bois épicé. La France produit près des deux tiers de la truffe noire mondiale ; la truffe de Bourgogne reste un produit régional bien plus confidentiel.

Aspect et arôme

À maturité, elle présente un extérieur brun foncé à noir, couvert de verrues hexagonales à pyramidales. Sa chair, brun chocolat, est parcourue d’un réseau de veines blanches fines, un marbrage qui la distingue d’une truffe encore immature à chair pâle. Son parfum, plus discret que celui de la truffe noire d’hiver, évoque la noisette, avec des notes boisées, musquées et légèrement fruitées.

L’écologie d’un champignon souterrain

Symbiose avec les arbres

Tuber uncinatum est un champignon mycorhizien : il vit en symbiose avec les racines de certains arbres, échangeant des sucres issus de la photosynthèse contre des minéraux puisés dans le sol. Ses partenaires principaux sont le chêne et le noisetier, mais aussi le charme, le hêtre et, plus rarement, le pin, ce qui explique sa présence sous les lisières de bois plutôt qu’en forêt dense ou en pleine prairie.

Sols calcaires et climat continental

L’espèce se développe dans des sols calcaires ou argilo-calcaires, bien drainés et légèrement basiques, un terrain que la Côte-d’Or offre en abondance sur ses coteaux. Elle reste sensible à l’eau : un printemps et un été trop secs limitent sa croissance et retardent sa maturation. Le réchauffement climatique pèse sur les récoltes récentes en réduisant l’humidité des sols argileux au moment critique du grossissement des truffes.

La saison et sa date officielle

Du 15 septembre à janvier

La maturation s’étend de la mi-septembre à janvier, avec une qualité optimale entre novembre et décembre. En Côte-d’Or, l’arrêté préfectoral du 12 septembre 2002 fixe l’ouverture légale de la récolte au 15 septembre : une truffe ramassée avant, à chair pâle et non marbrée, ne peut pas porter le nom de « truffe de Bourgogne ». Le texte interdit aussi le piochage ; seule la recherche au chien ou au porc est autorisée.

Le cavage, une récolte encadrée comme un vol

Le prélèvement de truffes sans l’autorisation du propriétaire du terrain, particulier, commune ou Office national des forêts pour une forêt domaniale, est puni par l’article L163-11 du Code forestier des mêmes peines que le vol, quelle que soit la quantité. C’est plus strict que pour les autres champignons, où seule une récolte dépassant 10 litres expose à une sanction lourde. Ce cadre repose sur le droit d’accession : les fruits naturels d’un terrain appartiennent à son propriétaire, qu’un panneau l’indique ou non.

L’usage culinaire de la truffe de Bourgogne

La règle de l’infusion, pas de la cuisson

Elle se travaille entière, sans être épluchée : émincée finement ou râpée directement sur le plat, à raison de 10 à 20 g par personne. Elle ne se cuit pas longtemps, son parfum se diffuse mieux par infusion.

Le corps gras, 24 à 48 heures avant

Émincée et placée dans du beurre, de la crème ou des œufs, à moins de 60 °C, elle transmet son parfum sans jamais cuire.

Les associations classiques

Elle accompagne les œufs brouillés, les pâtes fraîches, les volailles et certains poissons, ajoutée en fin de préparation. Une fois achetée, elle se conserve quelques jours au réfrigérateur dans une boîte hermétique, entourée de riz cru qui absorbe l’humidité.

Questions fréquentes

Peut-on ramasser une truffe de Bourgogne trouvée en forêt ?
Non, pas sans l'accord du propriétaire du terrain. L'article L163-11 du Code forestier punit tout prélèvement sans autorisation des mêmes peines que le vol, quelle que soit la quantité, un régime plus sévère que pour les autres champignons.
Quelle est la différence entre la truffe de Bourgogne et la truffe noire du Périgord ?
Ce sont deux espèces distinctes. Tuber uncinatum mûrit de la mi-septembre à janvier, chair brun chocolat et arôme de noisette. Tuber melanosporum se récolte en hiver, et la France en fournit près des deux tiers de la production mondiale de truffe noire.
Quand commence légalement la saison de la truffe de Bourgogne ?
En Côte-d'Or, l'arrêté préfectoral du 12 septembre 2002 fixe l'ouverture au 15 septembre. Une truffe récoltée avant, à chair encore pâle, ne peut pas porter le nom de « truffe de Bourgogne ».
Comment cuisiner une truffe de Bourgogne fraîche ?
Entière, sans être épluchée, émincée ou râpée, à raison de 10 à 20 g par personne. Elle infuse mieux qu'elle ne cuit : placée 24 à 48 heures dans un corps gras à moins de 60 °C, elle se marie avec les œufs brouillés, les pâtes et les volailles.
Sources
  1. Wikipédia - Tuber uncinatum
  2. Wikipédia - Tuber melanosporum
  3. CNPF Bourgogne-Franche-Comté - La truffe, joyau de nos forêts
  4. Agribourgogne (Chambre d'agriculture) - La trufficulture en quête de surfaces
  5. Légifrance - Article L163-11 du Code forestier
  6. Association Truffe Côte d'Orienne 21/71 - Le Cavage
  7. Préfecture de la Côte-d'Or - Arrêté préfectoral relatif à la récolte des truffes (12 septembre 2002)
  8. ici Bourgogne (France Bleu) - La truffe de Bourgogne, une nouvelle fois impactée par la sécheresse
  9. Truffe Passion - La truffe d'automne : tout savoir sur la truffe de Bourgogne (Tuber uncinatum)